En cette dure période de crise, il est agréable de constater que, contrairement aux marchés de grande distribution, les produits bios et/ou équitables enregistrent, eux, de significatifs progrès (on parle de croissance à deux chiffres).
Cela peut s’expliquer en partie par le désir des consommateurs, durant cette période austère de consommer moins, mais surtout de consommer mieux.
Car aujourd’hui, avec la crise que nous traversons et qui semble s’éterniser, les citoyens 2.0 que nous sommes avons une réelle envie de devenir acteurs de notre monde globalisé.
Nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir donner du sens à nos achats, et avoir un impact sur notre planète.
Selon Ethicity, nous étions 9% en 2001 à connaître la notion de commerce équitable. Nous sommes passés à 95% en 2009.
De fait, 36% des français déclarent aujourd’hui consommer des produits équitables, et 60% assurent avoir changé de comportement pour adopter une conduite plus durable (achats de produits bios, équitables, respect de l’environnement...)
Cependant, cet engouement pour le « Fairtrade » rencontre deux obstacles. Le prix (nous ne serions que 14% à accepter de payer plus cher un produit équitable), et le manque d’information garantissant l’origine du produit, notre implication dans le projet équitable (68% des Français réclament plus d’information).
Cela signifie donc que pour convaincre pleinement les Français, une meilleure information, sur les modes de production, sur les effets en faveur des producteurs, sur la qualité des produits, s’avère nécessaire, pour justifier le prix plus élevé. Si le consommateur a la garantie d’un produit de bonne (meilleure ?) qualité, le prix ne sera plus un frein à son achat.
De nombreuses entreprises ont déjà pris la mesure de ce phénomène et l’appliquent à leur entreprise.
Ainsi, la marque de textile Patagonia (textile bio, recyclé, pour la pratique du surf, de l’escalade,…) propose de suivre sur un site dédié le parcours de notre produit, de la récolte et la conception jusqu’à la livraison, et ainsi mesurer son emprunte sur la planète.
La marque de vêtements Tudo Bom ? (Ca va ? en Brésilien) est, elle, folle du Brésil. Le coton est récolté dans le sud du pays, les produits sont confectionnés par des couturières issues de favelas, et les vêtements s’inspirent des couleurs et de la mode du Brésil. 2% de son CA est utilisé pour financer des projets agricoles ou scolaires dans diverses régions du pays. La marque développe ainsi une identité forte, cohérente, lui permettant d’être unique sur son marché.
L’opportunité à saisir pour le commerce équitable peut se résumer selon moi par cette phrase de Tristan Lecomte, fondateur de la marque Alter Eco et récemment désigné par le « Time Magazine » comme l’une des 100 personnalités les plus influentes du monde :
« Pour s’intégrer, et réussir sur un marché, il est nécessaire de se différencier sur les valeurs ». Et ainsi, le consommateur, devenu consom’acteur, saura réellement comment donner du sens à son achat.